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L'aventure de Clémence sur la boucle de Bourgogne du Sud

L'aventure de Clémence sur la boucle de Bourgogne du Sud

6 jours à travers vignes, villages et voies vertes

De Mulhouse à Mâcon, le ton est donné ! Six jours devant nous, des sacs et sacoches bien remplies, un carnet encore vierge à remplir.
Le TGV quitte Mulhouse, et déjà le voyage commence dans ma tête : revoir l’itinéraire, griffonner quelques idées, sentir ce mélange d’impatience et de curiosité qui précède toujours les grands départs. À l’arrivée, Mâcon nous accueille dans la lumière de fin de journée. 

 

L’Hôtel Panorama 360 **** (label Accueil Vélo), signé Jules Lavirotte, partage son élégance Art nouveau avec l’ancienne Poste. 

 

 

Le soir, depuis le Skybar, la vue sur les toits et la Saône donne le ton : ici, tout invite à ralentir.

Le lendemain matin, nos vélos à assistance électrique, livrés directement à l’hôtel par Ludovic de La Bourgogne à Vélo (label Accueil Vélo), nous attendent devant la porte. Parfaits pour sillonner les collines du Mâconnais sans redouter les côtes, ils marquent le vrai départ du voyage.

La “Force verte” jusqu’à Cluny

On s’élance sur la Voie Verte, cette ancienne ligne de chemin de fer devenue le fil conducteur du Mâconnais. Le soleil est doux, les vignes défilent, et la route semble taillée pour les vélos. Tout est fluide : le vent, les paysages, l’humeur.

Premier arrêt aux Vignerons des Terres Secrètes (label Accueil Vélo), à Prissé, où Charles et Sophie nous racontent l’histoire de cette coopérative née il y a près d’un siècle. 

On repart avec un sourire et l’impression d’avoir déjà compris l’esprit du territoire : solidaire, sincère, terrien.

Sur place, un petit parcours dans les vignes permet même aux enfants de découvrir le travail du raisin en s’amusant — un joli clin d’œil à la transmission.

 

Puis la piste serpente vers la forteresse de Berzé-le-Châtel, avant de plonger dans la fraîcheur du tunnel du Bois Clair.  1 606 mètres de silence et de gouttes suspendues, un petit frisson de magie avant la lumière, le passage préféré des cyclistes de la Boucle au cœur de l’été !

À Cluny, on dépose les vélos pour une pause bien méritée. Déjeuner à la brasserie La Nation, visite guidée de l’abbaye et de son immense nef, un tour dans les ruelles animées où l’histoire côtoie les cafés. L’office de tourisme nous glisse quelques “bons plans famille” dans les sacoches, parfaits pour ceux qui voyagent avec des enfants : jeux de piste, location de longtails, petites activités sur la voie.

 

En fin d’après-midi, on reprend la voie verte jusqu’à Cormatin. Dîner à la Fleur de Lys, ambiance bourguignonne et nappes à carreaux, puis nuit au Hameau des Champs (label Accueil Vélo), dans une petite maison en dur du camping, avec son local à vélos sécurisé. Un vrai petit cocon pour les voyageurs à deux roues.

De Cormatin à Chalon : matin brumeux et gourmandises bourguignonnes

Le matin se lève à peine quand on quitte notre petite maison. La brume flotte encore sur les champs.
On arrive juste à l’ouverture du château de Cormatin, presque seuls au monde. On dépose nos vélos dans l’abri sécurisé installé en face de l’office de tourisme, avant de franchir la grille du château.

Les jardins sont encore humides de rosée, et les ragondins rejoignent tranquillement les rives des douves. On parcourt la propriété en silence, le temps que la brume se lève, puis la visite guidée commence : dorures, colimaçons, parquets grinçants… un condensé d’élégance bourguignonne.

Le guide glisse que le lieu a vu passer Madame de Sévigné et quelques belles plumes de l’époque — on s’imagine facilement, en levant les yeux vers les plafonds peints, les conversations d’un autre temps.
Puis la route reprend, vers Buxy où l'on s'arrête pour une pause déjeuner.

L’après-midi, direction la Maison Millebuis, à la sortie de Buxy, pour une visite et dégustation au cœur des vignes. Ici, on change d’échelle : cave moderne et chai impressionnant.
C’est là que Florian Garcenot, concepteur d'itinéraires à vélo dans les vignobles pour Active Tours (label Accueil Vélo),  nous rejoint juste avant une grosse averse. Une fois la pluie calmée, on reprend la route. Pas de balade commentée dans les vignobles pour nous, mais une belle discussion en roulant : du territoire, des vignerons, des parcours de chacun, de la vie locale.
Florian nous guide ainsi, tranquillement, jusqu’à Chalon-sur-Saône, où la ville s’ouvre sous un ciel gris clair.

 

La Villa Boucicaut (label Accueil Vélo) nous accueille en fin de journée. On s’y sent immédiatement bien : chambre de caractère, petite cour intérieure, bibliothèque confortable, local à vélos sécurisé, thé et biscuits à disposition, large sourire à l’accueil — la quintessence de l’Accueil Vélo.

Le soir, on file dîner à La Forge, une table bistronomique où le chef réinvente les classiques bourguignons avec audace tandis que sa compagne nous les sert à table avec passion et bonne humeur. David goûte les escargots (j’en suis incapable !)… tandis que je me laisse tenter par un dessert saveur artichaut. Une idée folle, presque incongrue, mais d’une finesse incroyable.
On rentre à la Villa repus, apaisés, heureux. Une journée comme on les aime : pleine et savoureuse à chaque instant.

Entre Saône et ciel gris : la voie bleue vers Tournus

 

Le lendemain, la cloche de Chalon sonne l’heure du départ. Au matin, Marion, guide conférencière, nous entraîne en cœur de ville pour une visite sur mesure. 
Une heure plus tard, Alexis prend le relais au musée Nicéphore Niépce : lumières, photographies, premiers clichés et appareils, tout y est fascinant.
Nous déjeunons Chez Louis, sur la jolie place Saint-Vincent, puis il est temps de repartir.

 

On quitte Chalon à vélo, cette fois par la Voie Bleue, ruban tranquille qui longe la Saône jusqu’à Mâcon. Trois heures à pédaler doucement, à observer, écouter, guetter les traces des castors avec Nathanaël Vetter, notre guide nature du jour.
Les paysages changent : les coteaux s’éloignent, la rivière s’élargit, les villages se font rares. Ici, la Bourgogne devient plus sauvage, plus intime aussi. Une autre forme de beauté, presque silencieuse. même si je dois l’avouer, nous n’avons pas cessé de papoter !

Le soir, on arrive à Tournus. À peine les vélos posés devant l’Hôtel Le Rempart (label Accueil Vélo), on nous confie les clés de notre chambre… et là, surprise, nous avons été surclassés : une suite immense, moquette douce, lumière dorée, deux salles de bain, un luxe inattendu après la route.
Mais moi, je suis complètement HS. La journée m’a lessivée, et la fièvre pointe. David file chercher de quoi me remettre d’aplomb pendant que je m’installe au café de l’hôtel, trop peur de m’endormir si je reste dans la suite. Un café latté, quelques notes dans mon carnet, et l’heure du dîner est déjà arrivée. Le restaurant du Rempart est une vraie pépite : tout est juste, du velouté d’entrée jusqu’au dessert. Le repas me requinque ! Peut-être même davantage que les médicaments !

Dernière étape, derniers tours de roue : Tournus → Mâcon

 

Le lendemain, la pluie s’invite pour de bon. Nous en profitons pour visiter l'Abbaye Saint-Philibert.
Puis, on longe la Saône par la Voie Bleue, capuches sur la tête, les mains froides sur le guidon.

À Fleurville, on s’abrite dans une auberge typique labellisée Accueil Vélo : le Restaurant de la Gare. L’adresse fait salle comble, et on comprend pourquoi. Tout est charmant et pittoresque ici. Une halte providentielle pour se réchauffer et reprendre des forces. L’après-midi, le ciel se dégage un peu, assez pour finir l’étape au sec !

 

L’arrivée sur Mâcon est superbe : on rejoint la ville par les quais. 
Première halte : la Cité des Climats et vins de Bourgogne (label Accueil Vélo), une visite immersive, didactique et poétique, parfaite pour refermer la boucle.

 

Notre dernière nuit se passera aux Coursives (label Accueil Vélo), une chambre d’hôtes atypique en plein centre de Mâcon. La propriétaire a même ouvert un salon de thé gourmand au rez-de-chaussée, un vrai refuge. Je m’y installe un moment pour trier mes photos, griffonner mes impressions, remettre un peu d’ordre dans tout ce voyage avant de le raconter.

Mais l’heure tourne. À peine le temps d’une douche, et on repart à vélo, rejoindre Émilie et Laëtitia à Une Tomate Bleue, pizzeria conviviale et délicieuse. Rires, pizzas, anecdotes et vins du coin. La soirée s’étire doucement, comme pour en retarder la fin. On rentre à vélo, l’impression que la boucle s’est refermée sur un dernier éclat de douceur.

Dernier jour à Mâcon : la boucle et l’au revoir

On reste une petite journée de plus pour explorer Mâcon à pied. Visite du centre-ville avec notre guide, halte au musée des Ursulines (label Accueil Vélo) pour tester l’escape game, un jeu de piste numérique sur tablette plutôt bien fait. Nous, on le fait un peu vite car le timing est serré !
Déjeuner au Café Français, sur le quai Lamartine : bonne adresse, mais je ne tiens plus debout. Les pédales, les jours, la météo – tout s’accumule.

L’après-midi, on grimpe dans le nouveau petit train électrique. Son chauffeur est si drôle !  Une heure de balade reposante et paisible à travers la ville, les ponts et les quais, jusqu’à l’autre rive. Une boucle symbolique pour clore le voyage.

En milieu d’après-midi, on enfourche une toute dernière fois nos montures direction la gare, où Ludovic nous attend pour les récupérer. On décroche les sacoches, les jambes encore lourdes, mais le cœur léger. Le train repart vers Mulhouse. Nous sommes très silencieux. La fatigue et la nostalgie se font ressentir.
Le lendemain, je ne ferai rien – juste m’asseoir, respirer, repenser à cette boucle, à tout ce qu’elle a laissé. 

À refaire !
Un itinéraire complet et accessible, parfait pour quatre à six jours d’aventure douce : patrimoine, gastronomie, nature, villages de charme et un réseau de voies vertes impeccablement balisées. Une aventure à la fois active et paisible, où chaque détour raconte une histoire et chaque étape laisse une trace.
La Bourgogne du Sud, c’est peut-être ça : le plaisir simple de prendre le temps d’y passer.

Crédits Photos : Clémence Polge


À propos de Clémence

© Armand-Pétrier Anaïs - © Riethmuller Mathilde

Illustratrice, autrice et voyageuse, Clémence Polge explore depuis plusieurs années les routes d’Europe et d’ailleurs, carnet à la main et curiosité en bandoulière.
Après cinq ans de vie sur les routes à bord de son van — Bestiole —, elle a posé ses roues en France sans jamais cesser de voyager.
Désormais, elle alterne les itinérances en van et à vélo, mêlant dessin, récit et observation sensible.
À travers Studio Polge et Roammates, elle partage ses voyages, ses croquis et ses réflexions sur le mouvement, la lenteur, les territoires et les gens qui les font.
Elle est également l’autrice du “Carnet de voyage à vélo – La Boucle de Bourgogne du Sud en Saône-et-Loire”, imaginé comme une invitation à découvrir la région autrement, au rythme du crayon, du pédalier et des belles rencontres.